Jeu de cartes magie : quel jeu choisir quand on débute ?
Par Maxime Henry·· 12 min de lecture
Choisir son premier jeu de cartes magie, c’est plus simple qu’il n’y paraît, à condition de savoir ce que fait chaque jeu. Dans ce guide, je t’explique pourquoi presque tous les magiciens utilisent des jeux Bicycle, à quoi servent les jeux truqués (Svengali, Invisible Deck, jeu biseauté, cartes spéciales) et dans quel ordre les acheter. Et pour que tu repartes avec quelque chose de concret, je t’explique en entier un tour à faire ce soir avec deux jeux tout à fait normaux.
Quel jeu de cartes pour la magie ? La réponse courte
Si tu ne devais retenir qu’une chose : commence avec deux jeux Bicycle classiques, un rouge et un bleu, au format poker. C’est le jeu de cartes de magicien par excellence. Il est vendu dans les boutiques de magie, il est solide, il glisse bien, et c’est le jeu sur lequel sont pensés la plupart des tours et des cartes truquées que tu trouveras ensuite.
Les jeux truqués viennent après : ils donnent un gros effet sans technique, mais beaucoup de tours, surtout ceux où le spectateur touche les cartes, se font avec un jeu ordinaire.
Voici l’ordre que je conseille à un débutant :
- Deux jeux Bicycle normaux, rouge et bleu.
- Un marqueur noir à pointe fine, pour faire signer les cartes.
- Un Invisible Deck, le jeu truqué le plus fort pour le moins d’effort.
- Un jeu Svengali, pour les forçages et les transformations.
- Des cartes spéciales (double dos, double face…) quand un tour précis les demande.
Pourquoi les magiciens utilisent-ils des jeux Bicycle ?
Bicycle est une marque américaine qui existe depuis la fin du XIXe siècle. Ce n’est pas le seul bon jeu, mais c’est devenu la référence des magiciens, pour plusieurs raisons très concrètes.
Le toucher et la glisse
Les cartes Bicycle ont une finition texturée, que la marque appelle Air-Cushion Finish : la surface est très légèrement gaufrée, ce qui crée un petit coussin d’air entre les cartes. Résultat, elles glissent les unes sur les autres de façon régulière. Ton éventail s’étale proprement, tes mélanges sont fluides, et les cartes ne collent pas en paquets. Un jeu qui accroche rend chaque geste plus difficile.
Le format poker ou bridge
Il existe deux grands formats de cartes. Le format poker fait environ 6,3 cm de large, le format bridge environ 5,7 cm, pour la même hauteur. Les magiciens utilisent presque tous le format poker, et la grande majorité des jeux truqués et des cartes spéciales sont fabriqués dans ce format. Vérifie donc toujours que tu achètes du format poker.
Un dos que tout le monde reconnaît
Le dos classique des Bicycle, avec sa bordure blanche, est connu dans le monde entier : le spectateur reconnaît un « vrai » jeu de cartes, pas un objet de magie bizarre. Et comme les cartes truquées de qualité reprennent ce même dos, elles se fondent dans ton jeu sans qu’on les remarque.
Le rouge et le bleu
Le jeu Bicycle existe avec un dos rouge et un dos bleu, identiques à part la couleur. Avoir les deux t’ouvre toute une famille de tours : la carte du spectateur qui devient bleue au milieu d’un jeu rouge, une prédiction au dos bleu qui correspond à une carte choisie dans le jeu rouge, deux jeux qui « se répondent »…
Un tour de cartes facile à faire ce soir avec tes jeux Bicycle
Avant de parler des jeux truqués, voici la preuve que des jeux normaux suffisent déjà pour bluffer. C’est un grand classique, « Fais comme moi » (en anglais Do As I Do), et il utilise justement tes deux jeux, le rouge et le bleu.
Le tour « Fais comme moi »
L’effet : toi et le spectateur, chacun avec son jeu, faites exactement les mêmes gestes. Chacun choisit librement une carte dans un jeu mélangé. À la fin, vous avez choisi la même carte.
Le secret : une carte-clé, c’est-à-dire une carte que tu repères en douce et qui te guide jusqu’à celle du spectateur. Il te faut deux jeux complets, un rouge et un bleu.
- Donne le jeu rouge au spectateur et garde le bleu. Dis-lui : « Pendant tout le tour, tu fais exactement comme moi. »
- Chacun mélange son jeu. Quand tu as fini, égalise ton jeu bleu en le tapotant sur la table, légèrement incliné vers toi, et jette un coup d’œil discret à la carte du dessous. Retiens-la : c’est ta carte-clé.
- Échangez les jeux : « Comme ça, personne ne peut tricher. » Le spectateur tient maintenant le jeu bleu, avec ta carte-clé tout en dessous. Toi, tu tiens le rouge.
- Chacun étale son jeu faces vers lui, choisit une carte, la mémorise et la sort. Toi, tu fais semblant : tu n’as besoin de retenir aucune carte.
- Chacun pose sa carte face en bas sur le dessus de son jeu, puis coupe : il soulève une partie du jeu, la pose sur la table et remet le reste par-dessus. Fais-le en premier pour qu’il t’imite, et plus de mélange à partir de là. Dans le jeu bleu, ta carte-clé, qui était tout en dessous, se retrouve posée juste sur la carte du spectateur. Il peut couper encore une ou deux fois de la même façon : ça ne les sépare pas.
- Échangez à nouveau les jeux : tu récupères le bleu, il récupère le rouge.
- Dis-lui : « Cherche dans ce jeu la même carte que celle que tu as choisie, et pose-la face en bas. Je fais pareil avec la mienne. »
- Étale le jeu bleu faces vers toi, en poussant les cartes de ta main gauche vers ta main droite. Trouve ta carte-clé : la carte du spectateur est juste à sa droite. Si ta carte-clé est la toute dernière à droite, sa carte est la toute première à gauche. Pose-la face en bas à côté de la sienne.
- Fais-lui nommer sa carte, puis retournez les deux en même temps : un dos rouge, un dos bleu, et c’est la même carte.
Pourquoi ça marche : quand le spectateur pose sa carte sur le dessus du jeu bleu et coupe, la partie du bas, qui se termine par ta carte-clé, vient se poser sur sa carte. Les deux se retrouvent collées, et couper encore ne fait que déplacer le bloc. Quand tu étales le jeu en poussant vers la droite, le dessus du jeu est à gauche : la carte qui était juste sous ta carte-clé est donc juste à sa droite.
Comment le présenter
Tout repose sur l’idée que vous êtes « connectés ». Insiste sur la liberté : chacun a mélangé, chacun a choisi sans voir l’autre. Fais tes gestes un peu en avance, calmement, pour qu’il les copie naturellement. Le coup d’œil à la carte du dessous doit passer pour un geste banal : entraîne-toi seul jusqu’à ce qu’il soit invisible. Et ne le refais pas une deuxième fois devant la même personne.
Gros avantage des jeux normaux : à la fin, tout peut être examiné. Si tu cherches un tour où tu ne touches même pas les cartes, le tour des quatre as trouvés par le spectateur est expliqué en entier dans mon guide des tours de cartes faciles. Et il y en a d’autres dans celui des tours de magie sans manipulation.
Formation offerte7 tours pro faciles et impressionnantsUn tour expliqué en vidéo chaque jour pendant 7 jours, gratuitement, dans ta boîte mail.Recevoir la formationComment entretenir un jeu de cartes de magicien ?
Un jeu de cartes s’use, et un jeu usé rend tout plus dur. Voici les gestes qui le font durer :
- Lave-toi les mains avant de jouer. Le gras et la poussière sont les premiers ennemis de la glisse.
- Range toujours le jeu dans son étui, pour éviter que les cartes se courbent ou prennent la poussière.
- Évite l’humidité et la chaleur : une salle de bain ou une voiture en plein soleil suffisent à gondoler un jeu.
- Si les cartes se courbent un peu, plie doucement le paquet dans l’autre sens pour le redresser.
- Garde un jeu pour t’entraîner et un jeu propre pour montrer tes tours.
- Change de jeu quand les cartes collent, que les bords s’abîment ou que l’éventail ne s’étale plus bien.
Avec les jeux truqués, sois encore plus soigneux : une carte abîmée peut attirer l’attention sur ce qui doit rester invisible.
Quels sont les jeux de cartes truqués et à quoi servent-ils ?
Un jeu de cartes truqué, c’est un jeu préparé à l’usine pour rendre possible un effet précis. Il fait une partie du travail à ta place. Voici les principaux.
Le Svengali deck : le jeu qui force une carte
C’est le jeu truqué le plus célèbre. Son principe est connu depuis longtemps : la moitié des cartes sont des cartes normales, toutes différentes, et l’autre moitié est la même carte répétée, coupée un tout petit peu plus courte. Les cartes courtes et les cartes normales alternent. Selon la façon dont tu feuillettes le jeu, le spectateur voit un jeu ordinaire avec des cartes toutes différentes, ou bien tombe toujours sur la même carte, sans s’en douter.
Ce qu’il permet : faire « choisir » au spectateur une carte que tu connais à l’avance (on appelle ça un forçage), la retrouver où il veut, ou transformer tout le jeu en sa carte d’un seul coup. Sa limite : on ne peut pas le donner à examiner, ni le faire mélanger par le spectateur.
L’Invisible Deck : le jeu invisible des mentalistes
C’est mon conseil pour un premier jeu truqué, parce que le rapport entre l’effort et l’effet est imbattable. L’effet : tu montres un étui vide en expliquant qu’il contient un jeu « invisible ». Le spectateur fait semblant de prendre une carte imaginaire, de la retourner et de la remettre dans le jeu. Puis il nomme sa carte, n’importe laquelle, à voix haute. Tu sors alors le vrai jeu, tu l’étales : une seule carte est retournée, et c’est celle qu’il a nommée.
Le jeu est préparé de façon astucieuse pour que n’importe quelle carte nommée puisse apparaître retournée. Je ne t’en dis pas plus ici : le plaisir de la découverte fait partie du jeu. Le Bicycle Mental Deck est la version Bicycle de ce principe, avec le même dos que tes jeux classiques.
Le jeu biseauté : retrouver une carte au toucher
Un jeu biseauté (en anglais stripper deck) a des cartes très légèrement plus étroites à un bout qu’à l’autre, si peu que ça ne se voit pas. Si une carte est tournée dans l’autre sens, son bout large dépasse un tout petit peu du paquet, et tes doigts la sentent. Ce qu’il permet : retrouver une carte choisie même après un vrai mélange du spectateur, ou séparer rouges et noires en un geste. C’est un bon outil, mais moins prioritaire que les deux premiers.
Les cartes spéciales : double dos, double face, carte blanche
Ce ne sont pas des jeux entiers, mais des cartes à glisser dans ton jeu normal :
- La carte double dos : un dos de chaque côté, par exemple rouge d’un côté et bleu de l’autre. Idéale pour les changements de couleur et les cartes qui se retournent toutes seules.
- La carte double face : une face de chaque côté. Elle permet des transformations à vue.
- La carte blanche : une face ou un dos sans rien d’imprimé, pour les effets où les inscriptions apparaissent ou disparaissent.
Achète-les au cas par cas, quand un tour précis le demande : seules, sans tour pour les utiliser, elles ne servent à rien.
Le Sharpie : le petit accessoire qui change tout
Ce n’est pas un jeu truqué, mais c’est l’accessoire le plus sous-estimé. Quand le spectateur signe sa carte avec un marqueur noir permanent (le Sharpie est celui que tout le monde utilise), il ne peut plus penser que tu as échangé sa carte contre une autre. Un tour où la carte signée réapparaît ailleurs devient beaucoup plus fort.
Jeu de cartes truqué ou jeu normal : lequel choisir ?
Les deux ont leur place. La vraie question, c’est : le spectateur va-t-il toucher les cartes ?
Un jeu truqué vaut le coup quand :
- tu veux un effet fort sans des mois d’entraînement ;
- le tour se joue dans tes mains, avec un spectateur qui regarde ou nomme une carte ;
- tu veux ouvrir ta soirée avec un effet qui marque tout de suite.
Un jeu normal est meilleur quand :
- le spectateur mélange, coupe ou distribue lui-même ;
- quelqu’un risque de demander « je peux voir le jeu ? » ;
- tu enchaînes plusieurs tours avec le même jeu.
Beaucoup de magiciens font les deux : un ou deux effets avec un jeu truqué, puis ils passent à un jeu normal pour les tours où les gens touchent tout. Et avec un jeu truqué plus que jamais : ne refais pas le même tour devant les mêmes personnes, et ne révèle jamais le secret.
Dans quel ordre acheter ton matériel de magie quand tu débutes ?
- Deux jeux Bicycle, rouge et bleu : ta base pour apprendre à mélanger, à manipuler, et pour tous les tours automatiques. Mon guide pour apprendre la magie seul t’explique comment t’organiser.
- Un Sharpie noir : tes tours deviennent tout de suite plus crédibles grâce aux cartes signées.
- L’Invisible Deck : ton premier gros effet de mentalisme, faisable dès le premier jour.
- Le Svengali : pour les forçages et les transformations du jeu entier.
- Des cartes spéciales : uniquement quand tu apprends un tour qui les utilise.
Le piège classique : acheter plein de gadgets sans savoir quels tours faire avec. Ce qui compte, c’est d’avoir des tours précis pour chaque objet.
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C’est justement pour éviter ce piège que j’ai créé la formation Magic Pack 2.0 : plus de 30 tours de cartes pro, expliqués pas à pas en vidéo, pour savoir exactement quoi faire avec tes jeux. Tu y trouves par exemple Ultra Mental, où le spectateur pense à une carte et où la seule carte retournée du jeu est la sienne, ou Prédiction bleue, où ta prédiction au dos bleu est la carte rouge qu’il a choisie et signée. Les méthodes sont dans la formation.
Tu as accès aux vidéos dès ta commande, à vie. Si tu veux voir tous les tours qui t’attendent, les plus forts sont aussi dans mon article sur les tours de magie les plus impressionnants.
Ton premier jeu de cartes de magie, et ensuite ?
Pour résumer : ton premier jeu de cartes magie, c’est un Bicycle format poker, idéalement en rouge et en bleu. Ensuite, un Sharpie, puis un Invisible Deck et un Svengali deck pour tes premiers grands effets, et enfin des cartes spéciales quand un tour les demande. Garde le jeu de cartes truqué pour les effets où personne ne touche, et le jeu normal pour tout le reste.
Le plus important n’est pas le matériel, c’est ce que tu en fais. Commence dès ce soir avec « Fais comme moi », entraîne-toi devant un miroir, puis montre-le à quelqu’un. Si tu veux apprendre 7 tours de pro gratuitement, reçois ma formation offerte. Et quand tu seras prêt à apprendre des tours de pro avec tes jeux, Magic Pack 2.0 t’attend.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur jeu de cartes pour faire de la magie ?
Le jeu Bicycle au format poker est la référence des magiciens. Il glisse bien grâce à sa finition texturée, il est solide, et la plupart des jeux truqués et cartes spéciales sont faits pour lui. Prends-en un rouge et un bleu pour pouvoir faire des tours de changement de couleur.
Peut-on faire de la magie avec un jeu de cartes normal ?
Oui, et c’est même par là qu’il faut commencer. Beaucoup de tours automatiques et la plupart des tours où le spectateur mélange ou coupe se font avec un jeu ordinaire. Un jeu normal a aussi l’avantage de pouvoir être examiné à la fin du tour.
Comment fonctionne un jeu Svengali ?
Dans un jeu Svengali, la moitié des cartes sont toutes différentes et l’autre moitié est la même carte, coupée un peu plus courte. Les deux alternent. Selon la façon de feuilleter le jeu, le spectateur voit des cartes différentes ou tombe toujours sur la même carte, ce qui permet de forcer une carte.
Qu’est-ce qu’un Invisible Deck ?
C’est un jeu truqué de mentalisme. Le spectateur fait semblant de choisir une carte dans un jeu invisible et la nomme à voix haute. Le magicien étale ensuite le vrai jeu : la seule carte retournée est celle qui a été nommée. Le Bicycle Mental Deck en est la version Bicycle.
Quelle est la différence entre un jeu poker et un jeu bridge ?
Les deux ont la même hauteur, mais le format poker est plus large, environ 6,3 cm contre 5,7 cm pour le bridge. Les magiciens utilisent presque toujours le format poker, car la majorité des jeux truqués et cartes spéciales sont fabriqués dans ce format.
Qu’est-ce qu’un jeu biseauté ?
C’est un jeu dont les cartes sont très légèrement plus étroites à un bout qu’à l’autre. Une carte retournée dans l’autre sens dépasse un tout petit peu, et le magicien la retrouve au toucher. Il sert à retrouver une carte choisie même après un mélange.
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